Chapitre 3

Datation du règne d'Hérode

ou

La mort du Roi à  la nouvelle lune de printemps

Selon les repères transmis par Luc (cf. Lc 3.1 et 23), Jésus naquit en 752 ab urbe condita, soit l'an 2 avant notre ère. Le récit débute sur le sacerdoce de Zacharie, père de Jean le Baptiste, officiant dans le temple reconstruit sous Hérode ; mais ni la naissance de Jean ni celle de Jésus ne sont datées, par Luc, du vivant du roi.
En effet Hérode le Grand était mort depuis deux ans déjà, d'après les informations reçues de Flavius Josèphe (soit en 750 ab urbe condita ou 4 avant notre ère); il avait repris les oeuvres de l'historiographe Nicolas de Damas auxquelles il avait adjoint des repères de l'histoire romaine, comme le nom des consuls en exercice au départ du règne; s'il avait fait de même pour l'année de la mort il nous eût évité d'avoir à procéder par déduction en déterminant l'année à partir de l'âge du défunt.

Au tournant de ce millénaire, des auteurs ont ré-interrogé son oeuvre pour tenter de montrer que ses repères étaient extensibles — non qu'ils aient été vagues ou confus — mais pour répondre à une intention d'ordre théologique :
Rendre compatible avec les récits de Luc et de Josèphe l'évangile de Matthieu qui fait naître Jésus deux ans au moins avant la mort du roi. Tâche impossible, à moins de manipuler les sources et de fausser les textes. Tel est l'enjeu de ce débat.



Mode de Datation

Le temps de règne des souverains bibliques était arrondi au chiffre inférieur, selon l'exemple de David qui avait régné 40 1/2 mais qui fut gratifié de 40 années par la tradition. Au décompte égyptien succéda celui des Babyloniens, tandis que le système exposé dans le Talmud serait un compromis entre les deux:

Court ou long, le temps qui précédait le premier nisan avec l'intronisation du souverain comptait pour la première année de règne. A sa mort, les semaines ou les mois qui outrepassaient le premier nisan comptant également pour une année entière constituaient la dernière année de règne.


Ce système fut appliqué sous la dynastie Hasmonéenne de ce que l'on peut déduire du règne de Simon Maccabée:
"l'an 170, le joug des nations fut ôté d'Israël et le peuple commença à dater les actes et les contrats de l'an I de Simon, Grand-prêtre, Stratège, et chef des Juifs” (cf 1M13,41; AJ XIII, 129).
Le Rouleau des Jeûnes (Megillat ta'anit), à la date du 27 Iyar (= 20 mai 142BC), offre une réjouissance “en mémoire du jour où les Hasmonéens annulèrent le décret des Grecs”. Comme pour la plus part des dates offertes dans ce rouleau, le lien direct avec la date réelle de l'évènement commémoré est improbable. On sait seulement que l'hiver était passé et que si ce décret avait porté la date du Ier nisan, la tradition l'aurait répercuté. En 172 de l'ère séleucide, l'assemblée décidait d'honorer Simon en gravant ses hauts-faits sur des tables de bronze, " Le 18 Ellul, en la troisième année de son règne". (1M 14:27). Aussi en appliquant les règles talmudiques, les années de Simon Maccabée se décomptent ainsi:
1ère année: ?...- 27 Iyar (?) 170 - ... au 1 nisan 171
2ème année: 1 nisan 171 ... au 1 nisan 172
3ème année: 1 nisan 172 ... 18 Ellul 172 ...au 1 nisan 173.


Départ du règne

Hérode avait reçu les insignes de la royauté dans la 185ème olympiade sous le consulat de Calvinus et de Pollion , après la paix de Brindes, en octobre 40 et le mariage d'Antoine et d'Octavia en novembre de la même année(5).

Ayant sur place à combattre Antigone, il parvint à ses fins au bout de trois ans après le siège de Jérusalem(6); la ville tomba grâce aux troupes d'Antoine, l'été finissant, au jour du Jeûne (10 tishri) dans la 185ème olympiade sous le consulat de Marcus Agrippa et de Caninius Gallus (37 aec); Antoine soudoyé accepta la mort d'Antigone. La famine s'était faite d'autant plus sentir durant le siège qu' “il arriva qu'il y eut coïncidence avec l'année sabbatique"(7) ; mais plus que l'année sabbatique elle-même, l'année post sabbatique posait davantage problème encore : "Et le territoire de rester sans culture, à cause de l'année sabbatique; en effet, elle avait eu lieu alors , et il nous est interdit d'ensemencer la terre cette année là”(8)- L'année sabbatique 38/37 venait en effet de s'achever ; Hérode prit la ville au début de l'automne de l'année post-sabbatique 37/36 qui ne pouvait profiter de récoltes puisqu'il n'y avait eu d'ensemencement ni à l'hiver ni au printemps précédents.

 

Le Cycle Sabbatique

Une contestation, qui n'est pas récente, s'est élevée sur les années de repos agraire. Pourtant leur retour régulier tous les sept ans s'est effectué durant les deux millénaires passés sans rupture connue. Rabbi Yosé ben Halafta au second siècle , attestait que l'année 68/69 précédant la destruction du premier comme du second Temple avait été de repos agraire ; la ruine intervint "à l'issue d'une année sabbatique"(9), disait le traité Arakin, ce qui signifiait la même chose . Maïmonide commentait ce propos par ces mots: "il est bien connu qu'au temps des Ge'onim tout le peuple en terre d'Israël observait la shemitah basée sur ce principe, fondement de la pratique actuelle" (10).

Les années sabbatiques commençaient à l'automne : "Au Ier tishri c'est le nouvel-an pour l'année civile, les années de repos agraire, les jubilés, les nouveaux plants, les légumes verts"(11) . Si les Romains investirent la ville dès Juillet la destruction se poursuivit jusqu'à l'automne; dans ces conditions la formule "à l'issue d'une année sabbatique"(12) pouvait donner lieu à discussion. Une autre question fut posée par Rabbi Huna à la fin IVème siècle lorsqu'il voulut intégrer aux calculs l'année du Jubilé, même si celle-ci n'avait, en pratique, jamais été observée; il s'agissait de savoir si la cinquantième année jubilaire était la première du cycle suivant ou non. Le débat reprit au XIIème siècle et Maïmonide , comme solution au problème soulevé, proposait de considérer comme sabbatique l'année 69/70 au lieu de 68/69. Mais le raisonnement tenu, essentiellement spéculatif, ne s'intéressait qu'indirectement à la réalité historique qu'il n'avait pas volonté de remettre en cause; néanmoins, dans cette ligne, la documentation littéraire et archéologique sur les années de l'Antiquité fut réévaluée afin de voir si le cycle sabbatique supportait un décalage d'un an(13).

Sans un seul indice d'une rupture quelconque avec le cycle consacré par l'usage et toujours actuel, que peut valoir cette hypothèse? A l'examen des années de l'Antiquité elle apporte plus de confusion que de clarté . Un exemple, celui de l'année 40/41ec; quand vers la fin du printemps 40, le peuple s'ameuta contre la commande d'une sculpture de Caligula à ériger dans le temple, Philon notait alors la maturation du blé (1). À l'automne suivant, au moment des semailles d'hiver, à nouveau préoccupé par l'imminence de l'évènement, le peuple se mobilisa pendant un mois et demi; Josèphe précisait que l'ensemencement des champs - avec le blé d'hiver - n'était pas fait(15) ; l'année sabbatique avait, en quelque sorte, favorisé la mobilisation du peuple puisqu'il n'ensemensait pas cette année là. Caligula disparaissait le 24 janvier 41 et son successeur Claude ajouta la Judée au territoire régi par Agrippa qui, aux fêtes d'automne de l' année post-sabbatique 41(42), fut amené à lire la Torah dans le temple "Le deuxième jour de la fête (Soukkhôt), la huitième année ( l'année post-sabbatique), ils dressèrent pour lui (le roi) une estrade où il siégea...le roi Agrippa reçut (le rouleau de la Torah) debout et le lut debout; et quand Agrippa parvint à 'Vous n'instituerez pas sur vous un étranger qui n'est pas votre frère' ses yeux se remplirent de larmes. Ils lui dirent alors:' ne crains pas Agrippa, tu es notre frère, tu es notre frère !"(16) Cet encouragement des autorités religieuses qui cherchaient à se le concilier, se comprend dans la mesure où en 41, il venait d'être institué roi sur eux par Claude; mais repoussée à l'automne 42, après un an d'exercice du pouvoir, une telle manifestation d'émotions ne serait plus intelligible.
En tout état de cause les années de repos agraire 38/37aec , 40/41ec et 68/69ec sont à maintenir tout comme le cycle sabbatique courant auquel elles se relient.

Les années de règne

La première année du règne effectif d' Hérode commençait avec la prise de Jérusalem le jour de Kipour 37 et s'étendait au 1er nisan 36 .
Dion Cassius plaçait le siège de la ville en 38aec(
21), sous le consulat de Claudius et Narbonus mais son assertion est à considérer avec précaution car au paragraphe précédent parlant du triomphe qui suivit la mort du Parthe Pacoros en juin 38, il disait qu'Antoine avait péri entre temps, lui qui ne devait disparaître qu'en août 30; le paragraphe qui suivait la prise de Jérusalem, était sensé se dérouler sous le consulat d'Agrippa et Gallus en 37 avec Phraate qui fut le meurtrier des siens au lendemain de la mort de Pacoros. L'erreur sur Antoine et cet aller-retour dans la succession des événements chez les Parthes amènent à douter de la validité de l'objection soulevée.

Entre la prise de Jérusalem par Pompée en 63 aec et par  Hérode en 37aec  Josèphe estimait l'intervalle de 27 années alors qu'il n'est que de 26 années solaires. Il avait pris pour base les années civiles débutant en Tishri, incluant dans son comput comme une année entière la dernière année, celle qui venait seulement de débuter avec les 10 jours séparant le Nouvel An de la fête de Kipour. Il parvenait ainsi au chiffre de 27.
Maintenir la date de Kipour 37aec pour la prise de Jérusalem et le début effectif du règne paraît la solution obvie.

Hérode était dans sa troisième année de règne effectif lorsqu'il fit frapper sa première pièce de monnaie avec l'inscription HRWDOU BASILEWS (du Roi Hérode), entourant l'abréviation LG (pour Troisième année) et le monogramme de deux lettres superposées TR. Meshorer a suggéré l'abréviation du titre “tétrarque” circonscrit par la nouvelle fonction royale.
Le monogramme TR imitait celui des chefs de l'armée romaine: XR pour XILIARXOS ou même EKATONTARXOS avant qu'il n'ait été soit repris par les Chrétiens pour XRISTOS. Ce monogramme pouvait une fonction en rapport avec l'étoile du casque, étoile de caractère messianique qui n'est plus qu'une simple crête sur les autres monnaies non datées; ce TR pourrait tout aussi bien être l'abréviation de titres comme THROS le gardien: gardien depuis trois ans de la ville de paix, Hérode se considérant le héros sauveur de Jérusalem pour l'avoir libérée d'Antigone. Mais bien d'autres termes pourraient être envisagés.
C'est un “perutah”, une monnaie juive et non la monnaie romaine choisie par Philippe et Antipas. L'inscription est grecque, puisque le nom d'Hérode est grec ; dans cette seule langue il trouve sa signification: “ode au héros divinisé”.
Le symbole du casque est un signe guerrier ,  tandis que l'étoile est de caractère messianique ; tous deux évoquent la victoire obtenue avec la prise de la ville et commémorent ce moment prestigieux. Soit que la pièce ait été frappée en 37 pour commémorer les trois années de combat. soit en 34, de manière à marquer le troisième anniversaire du règne effectif.
Hérode était dans sa septième année de règne effectif lors de la bataille d'Actium en 31aec et sa dix-septième année s'achevait avec le nouveau mois du printemps lorsque César vint en Syrie sous le consulat de Marcus Appuleius et P Silius Nerva en 20 (AJ XV:354 et Dion Cassus H R LIV, 7, 4-6) .

Entre son intronisation par Rome et sa mort , l'intervalle était estimé à 37 ans et à 34 à partir de la mort d'Antigone. "Il expira après un règne de trente-quatre ans à compter du jour, où, Antigone mort, il devint le maître, trente-sept depuis le jour où les Romains l'avaient nommé roi"(17) .

Il mourut huit jours après la nouvelle lune de nisan , âgé de 70 ans(19).
Le deuil de sept jours qui avait suivi ses funérailles s'achevait au moment de la préparation de la Pâque (1). Le récit de Flavius Josèphe permet de dater la mort du roi à un ou deux jours près: Archelaüs avait été pris à parti par des factieux alors qu'il achevait un discours au temple au terme des sept jours du deuil de son père; la Pâque était imminente (GJ II,10). De là il ressort qu'Hérode mourut au cours de la première semaine de nisan. Ayant vécu au-delà du Ier nisan, une année entière s'ajoutait à son règne qui fut de 37 ans à partir de son intronisation.
Selon le comput talmudique, les huit premiers jours de nisan comptaient comme une année entière (2). Hérode ayant vécu près de huit jours au-delà de la nouvelle lune de printemps, s'ajoutait à son temps de règne une nouvelle année. De fait sa mort est datée de l'an 4avant notre ère.

Une difficulté, par contre, et qui ne trouve pas de solution, porte sur le tout début de sa carrière lorsque sous le gouverneur de Syrie des années 47-46 Sextus Iulius Caesar, Antipater qui venait d'être nommé sur la Judée l'envoya en Galilée; il ne pouvait avoir moins de 23 ans et non pas quinze comme le laisse entendre le texte avec une insistance sur son jeune âge (2).   Mais c'est l'exception qui confirme la règle; les autres chiffres donnés par Flavius Josèphe sont cohérents entre eux.

- Le gouverneur Varus

Selon Josèphe toujours(22), Quinctilius Varus succéda à Saturninus comme gouverneur de Syrie et il maintint une légion en Judée alors que les fils d'Hérode étaient à Rome pour recevoir l'héritage de leur père.
effigie de Varus gouverneur d'Afrique, RGZM Mainz, Allemagne Des monnaies d'Antioche de Syrie frappées à son nom avec les années 25-26 de l'ère d'Actium attestent de sa légation dès 6-5aec(23) et celles de Beyrouth portaient même son effigie. Son départ n'est pas spécifié mais sa mission ne se serait pas prolongée au-delà de l'automne 4aec puisque sous Auguste un mandat de gouverneur durait entre deux et trois ans, y-compris l'intervalle de la succession. Il fut remplacé par Quirinius à en juger l'affirmation de Luc.
À son retour dans la péninsule, manifestation de son ascension sociale, à une date non précisée toutefois, il épousait en secondes noces Claudia Pulchra, fille d'une nièce d'Auguste.


La destitution du grand-prêtre et l'éclipse de lune

Plusieurs événements précédant de peu le décès d'Hérode permettent d'en préciser le moment. Suite à une vaine tentative d'ôter l'aigle apposé à la porte du temple, la responsabilité du grand-prêtre en exercice fut mise en cause, si bien qu'il fut déposé tandis que les insurgés étaient livrés au supplice.
"[Hérode] ayant déposé Matthias le grand-prêtre comme responsable en partie de ce qui s'était passé, institua grand-prêtre Joazar, le frère de sa femme.
- Sous le pontificat de ce Matthias, il arriva qu'un autre soit établi grand prêtre pour un seul jour, celui où les Juifs mènent un jeûne. La raison en est la suivante. Matthias, durant son pontificat, dans la nuit précédant le jour du jeûne, estima avoir eu une relation en rêvant, et à cause de cela n'étant pas en mesure d'officier, son parent Joseph fils d'Ellemos , accomplit la célébration en tant que son associé. -
Or Hérode et destitua Matthias du grand pontificat et l'autre Matthias, celui qui avait incité à la sédition ainsi que les hommes de son parti, il les fit brûler vifs."
(
24)

Par un "te...kai" soit “et...et”, était mise en relief la simultanéité des actes d'Hérode avec la déposition du grand prêtre et le supplice de Matthias. La formulation tenait les deux inséparablement liés comme deux versants d'une même action d'autant que les deux protagonistes portaient le nom de Matthias; et Josèphe d'ajouter. "Or même la lune cette nuit là s'éclipsa. Alors la maladie d'Hérode empira." Ce voile de l'astre annonciateur de la fin du roi, ponctuait aussi la destitution et le supplice.

Hérode voyait arriver ses derniers jours, pour s'éteindre définitivement dix à quinze jours avant la Pâque. En 4aec selon les calculs astronomiques il y eut une éclipse partielle de la lune qui fut pleine à 2 heures dans la nuit du 13 mars (calendrier julien); cette date correspondait dans le calendrier hébraïque au 14 Adar aec , fête de Purim. Qu'en cette nuit les conditions atmosphériques aient permis ou non l'observation de l'éclipse, les connaissances astronomiques d'alors étaient à mêmes de la prédire. Ni en 5 ni en 3aec il n' y eut d'éclipse visible depuis Jérusalem à cette période de l'année; aussi l'hésitation qui avait pu naître à propos de la prise de Jérusalem et du cycle sabbatique était de fait balayée.

Mais reste à préciser si c'était aussi le jour du jeûne, et quel jeûne, car se trouvaient reliés des faits qui ne s'étaient pas nécessairement produits le même jour.

Le jour du jeûne

D'emblée se présente à l'esprit le jeûne d'Esther , le 13 Adar à la veille de Purim, un mois avant la Pâque. Or ce jeûne tel qu'il est observé aujourd'hui ne l'était pas à cette époque(25) . Le jeûne pendant lequel ne put officier le grand-prêtre Matthias est ainsi décrit:
"il arriva qu'un autre soit établi grand prêtre pour un seul jour, celui où les Juifs mènent un jeûne...dans la nuit précédant le jour où l'on jeûne de jeûne”(AJ XVII,165-6).
Il est à rapprocher de Yom Kipour, placé au même rang que les trois fêtes de pèlerinage, et qui appelé "le jeûne" par Flavius Josèphe se trouvait à chaque fois associé à des réminiscences pénibles:
1 - "quand la ville fut prise le troisième mois, le jour du jeûne, en la cent soixante-dix-neuvième olympiade..."
(30)
2 - "En la cent quatre-vingt-cinquième olympiade, le troisième mois pendant la fête du jeûne comme une sorte de retour anniversaire du malheur qui avait frappé les Juifs sous Pompée"
En 63 (1), le 10 tishri tombait le 14 septembre et en 37 (2) le 5 octobre; comme les olympiades débutaient en Juillet, la précision du "troisième mois" est vraie dans le premier cas; elle s'est trouvée légèrement faussée d'un mois dans le second, de manière à bien marquer le parallélisme entre les deux sièges de la ville.

Parlant du jour où l'on jeûne de jeûne, Josèphe faisait visiblement allusion au Kipour qui exigeait du grand-prêtre un état de pureté maximale lui permettant d'entrer dans le Saint des Saints.
"Sept jours avant Yom Kipour on fait quitter son domicile au Grand Prêtre pour sa loge située dans le Temple selon un enseignement transmis depuis Moché Rabbénou. On le sépare également de sa femme durant ces sept jours de peur qu'elle devienne "niddah" lors d'un rapport, et que, devenant impur pour une semaine, il ne puisse effectuer son service ce jour là."(26)

L'impureté d'ordre physiologique empêchant de célébrer durait jusqu'au soir(27) et supposait de faire appel à un remplaçant: "Est joint au grand-prêtre un autre, car si celui-ci s'avère impropre au culte, le second le remplacera...Après Kipour, le premier grand prêtre recouvrera ses fonctions, et le second sera écarté. Lorsque le grand prêtre meurt, ce second est nommé à sa place."(28)
À la destitution de Matthias, Joseph aurait du prendre sa place, non Joazar, mais Hérode ne se pliait pas aux règles sacerdotales. Cet épisode n'était pas seulement anecdotique, le grand-prêtre ayant pour rôle d'invoquer la miséricorde divine à l'intention du peuple en pardon des péchés au Yom Kipour. Matthias qui ne put être disponible pour cet office, ne fut pas non plus en mesure, lors du cas très concret de l'insurrection contre l'aigle du temple, d'infléchir la décision d'Hérode; cela se passait en 4aec à la veille de Purim, une fête de délivrance que Josèphe, apparemment, préféra ne pas mentionner(2).


Numismatique

Les successeurs d'Hérode frappèrent monnaie, Archelaüs le perutah comme son père tandis qu' Antipas et Philippe optèrent pour la monnaie romaine, dupondius, as, semis et quadrans qui portaient leur année de règne(32).

Hérode Antipas exerça comme tétrarque sur la Galilée et la Pérée de la mort de son père à sa destitution par Caligula auprès duquel il avait revendiqué la royauté en prenant exemple sur Agrippa I nommé avec le titre de roi en 37/38 sur les terres de Philippe; son exil à Lyon en compagnie d'Hérodiade date de 40 au plus tard; au printemps 41 la problématique de la statue dissuadait de tenter toute négociation avec l'empereur. Une série de monnaies frappées dans sa tétrarchie portent le chiffre de sa 43 ème et dernière année de règne, ce qui reporte le début de son mandat à 4aec.

Philippe mourut la 20ème année du principat de Tibère (33/34 ec), dans sa 37ème année de règne(33) ; une monnaie datée de sa 37ème et donc dernière année, manifeste qu'il régna dès sa confirmation par Rome en 4 aec; dès 3aec il renommait Césarée la ville de Panéas(34).





Une hypothèse factice : la mort d'Hérode en I avant notre ère

- L'Eclipse de Lune du 10 Janvier de l'an 1 avant l'ère chrétienne

Josèphe n'ayant pas parlé des jours de Purim au moment de l'éclipse de lune, d'autres dates ont été envisagées par les auteurs anglo-saxons au tournant de ce millénaire. L'éclipse du 23 mars de l'an 5aec, parce qu'elle tombait à la pâque même, ne convient évidemment pas. Aucune ne fut visible de Jérusalem les deux années précédentes et il est inutile de remonter au-delà puisque Varus n'était pas alors gouverneur de Syrie mais proconsul d'Afrique. Les autres éclipses visibles de Jérusalem dans ces années là sont celles du 9/10 janvier et 29 décembre 1aec. La première passe pour un élément déterminant susceptible de dater la mort du tyran. Mais pour assurer la pertinence de cette datation il faudrait trouver le moyen, sans déformer les sources de:

1 - Justifier que sur leurs monnaies respectives, Philippe et Antipas aient anticipé leur règne de trois ans. Une antidatation de leur part eût passé pour un acte de rébellion contre l'autorité romaine qui les avait intronisés après la mort de leur père. Par toute Leur attitude ils manifestèrent leur vassalité: Ils se rendirent à Rome pour recevoir d'Auguste leurs attributs de tétrarque; ils adoptèrent l'un et l'autre une monnaie non hébraïque ni séleucide, mais romaine, sans compter les noms impériaux donnés à leurs villes et la demande réitérée trois fois par Antipas d'être élevé au titre royal.
Rien ne vient justifier une antidatation puisque Hérode avait couché ses fils sur son testament très peu avant sa mort et que, plus jeunes qu'Antipater, 'ils n'avaient pas comme lui, exercé du vivant de leur père. D'autre part la frappe de la monnaie, de par son caractère officiel, répondait à des règles sur lesquelles n'interféraient pas ces aléas d'évaluation qui ont pu être relevés dans les computs de certains historiens de l'Antiquité.


2 - Justifier qu'en l'an 1 de notre ère, Caius César ait été initié pour la première fois seulement  aux affaires publiques, alors qu'à cette date il était déjà détenteur de l'imperium proconsulaire remis par son grand-père (
41).
A la mort d'Hérode, il avait été convié à s'asseoir au premier rang du conseil qui devait statuer sur le partage entre les fils du roi; si dès cette époque il avait été détenteur de l'imperium, il aurait du traiter l'affaire lui-même et ne pas se contenter de siéger au conseil. Caius Cesar, Rome Museo nazionaleCaius (Lucius?) Cesar, Rome Museo nazionale
Son attitude, par contre, est cohérente avec celle du jeune homme qui allant sur ses 16 ans en 4aec, était initié par son grand-père aux affaires de l'empire. Son frère Lucius trop jeune ne siégeait pas à ses côtés, tandis que deux ans plus tard, en 2aec, ils inauguraient ensemble le temple de Mars Ultor (42).

Il faudrait aussi Justifier que Caius se soit trouvé auprès d'Auguste en Iaec alors que selon les fastes de Préneste il avait quitté la Péninsule pour se rendre en Orient un 29 janvier(38); c'était en l'an I aec très probablement, puisqu'au Ier janvier suivant il était déjà en poste comme consul; Tibère en résidence à Rhodes était allé se prosterner devant lui quand la puissance tribunitienne qu'il avait reçue en 6aec, pour cinq ans, était arrivée à échéance sans avoir été reconduite; Suétone écrivait ensuite qu'il devait rester deux ans dans cet état jusqu'à son départ de Rhodes en 2aec (39). Pas un indice, dans la documentation rassemblée, n'atteste de la présence de Caius à Rome en Iaec.

4 - Justifier que Varus se soit trouvé à nouveau en Syrie.
Cette supposition purement spéculative, ne dispose d'aucun indice et fait tort au simple bon sens : comment, en effet, un dignitaire tel que Varus, Proconsul de la province d'Afrique où il fit frapper monnaie à son nom et effigie (un privilège très rare), après avoir fait de même en Syrie où il fut gouverneur en titre, après avoir été par son mariage associé à la famille impériale, aurait accepté d'être renvoyé dans cette province pour y réduire les factieux, non plus comme gouverneur en titre, mais comme second du jeune Caius qui était détenteur de l'imperium sur l'Orient?  Le procurateur Sabinus étant également sur place à la mort d'Hérode , comment Varus, aurait-il accepté de se retrouver coincé entre Caius et lui, sans titre et sans affectation précise?

Paradoxalement, celui qui défend cette thèse en différents endroits de la toile semble ne pas s'être aperçu qu'il faisait de Caius le simple lieutenant de Varus en écrivant:
"Il semble que le rôle de Caius César au côté de Varus fut plus honorifique que décisif car Josèphe (Guerre des Juifs II:25,68) se contente de le présenter succinctement soit comme le fils d'Agrippa soit comme l'ami de Varus."
Et en effet, il a confondu deux personnages porteurs du même nom. Ainsi en BJ II, Caius (ou Gaius, en grec Γάιον), est le nom de trois personnages différents :

1) BJ II 178-180, Caius fils de Germanicus, ou Gaius César qui devint empereur sous le nom de Caligula.

2) BJ II 25,  Caius, le fils d'Agrippa et le petit-fils d'Auguste, qui détenait l'Imperium sur l'Orient Romain en 1 av JC.

3) BJ II, 68 Caius ami et lieutenant de Varus : "Varus détacha aussitôt une partie de son armée dans la région de la Galilée voisine de Ptolémaïs, sous le commandement de Gaius, un de ses amis."
    En voyant Caius et Varus associés, G.Gertoux aurait-il pensé détenir la preuve qu'il cherchait ? Mais comment a-t-il omis de voir que Flavius Josèphe avait aussi consigné en   AJ XVII  [288] :  "Une fois toutes ces troupes concentrées à Ptolémaïs, Varus en confia une partie à son fils et à un de ses familiers et les envoya combattre les Galiléens qui habitent la région limitrophe de Ptolémaïs."
    Ainsi ce Caius là, qui était soit le fils soit le familier de Varus, s'était rendu en Galilée pour obéir à ses ordres. Il est certain qu'il ne pouvait, dans le même temps, détenir l'imperium sur l'Orient Romain. Ce proche de Varus ne peut donc être assimilé au Caius fils d'Agrippa.
    En confondant deux personnages porteurs du même nom, G.Gertoux qui voulait donner forme à son hypothèse ne s'est-il vraiment pas  aperçu du grotesque auquel le conduisait sa manipulation des sources ?


La date du 2 Shebat dans le rouleau Megillat Ta'anit

A la date du 7 kislev et du 2 shebat le rouleau “Megillat Taanit”, fait mémoire de la mort d'Hérode.
Megillat Ta'anit est un calendrier pharisien de fêtes mineures, soulignées par l'interdit du jeûne lors de certaines réjouissances; le nom d'Hérode y figure à deux dates différentes. Bien évidemment il ne s'agit pas de sa mort puisqu'on ne meurt jamais deux fois.
La première commémore festivement sa disparition, tandis que la seconde l'associe au mépris dans lequel sombra Alexandre Jannée.

1 - Le 7 Kislev

- «le 7 kislev “Yom Tov” le jour où Hérode mourut, car Hérode haïssait les Sages; qu'il y ait de la joie devant Dieu quand le méchant passe de ce monde».

2 - Le 2 Shebat

- «Hérode mourut ; Yanai mourut méprisé. Qu'il y ait de la joie devant Dieu quand le méchant passe de ce monde».

Le 7 kislev (novembre-décembre) dénonçait l'attitude d'Hérode vis à vis du mouvement des Sages (Pharisiens) tandis que le 2 Shebat associait son nom à celui d'Alexandre Jannée (Yanai) pour les traits de caractère qui leur étaient communs.
Megillat Taanit proposait plusieurs associations de ce type selon une pratique talmudique qui visait à placer différentes personnes sous le même nom, sinon sous la même date, en raison d'une similitude de comportement. Y étaient commémorés les faits et gestes des patriarches à commencer par Noé. Provenant du parti pharisien il répondait à des motivations autres qu'à une consignation de dates historiques.

Flavius Josèphe ayant placé le décès du roi en nisan près de huit jours avant la Pâque, le 7 kislev devait plutôt rappeler un moment particulier dans la répression menée contre les Pharisiens. Ce n'est pas tant le départ du roi dont ils se réjouissaient que de leur délivrance.
Dans les almanachs Juifs le 2 Shebat (janvier-février) est considéré comme la date de la mort d'Alexandre Jannée. Considérer cette date comme celle de la mort d'Hérode le Grand ne peut venir que d'une méprise.

De plus entre le 2 shebat et le 15 nisan jour de la Pâque, le décompte est de 72 jours dans le cas d'une année commune, ou 100 jours dans le cas d'une année embolismique. Ces chiffres sont incompatibles avec le récit de Flavius Josèphe évoqué plus haut.

Une pomme pourrie?

Si c'était au printemps de l'an 4 avant notre ère qu'Hérode avait mangé une pomme (AJ XVII,183) selon l'étude “agronomique” conduite par G Gertoux, elle eût été pourrie.
Le grec μῆλον est un terme générique pour le fruit comestible , non seulement la pomme mais la grenade, le pamplemousse, le citron , l'orange dont regorge la plaine de Jéricho et dont la peau, qui n'est pas comestible, ne s'arrache pas toujours avec la main. Hérode prit le soin de "l'écorcer" (περιλέπω) avant de la manger. Ce verbe rare , se rencontre une autre fois chez Hérodote pour l'écorce d'un arbre (H 8,115,2). C'est donc autre chose qu'une pomme qu'avait demandé Hérode avant de retourner le poignard contre lui.

Conclusion

L'année de la mort d'Hérode se déduit des repères qui parsèment le chapitre XIV des Antiquités Juives. Corroboré par l'astronomie et la numismatique le décès du roi survint une semaine après la nouvelle lune de printemps en 4avant notre ère, soit deux ans avant la naissance du Christ .
Si le récit de l'évangéliste Matthieu est incompatible avec cette donnée c'est parce que son intention n'était pas celle d'un historien. Il se donnait pour but d'avertir des fidèles sur les dangers qu'ils couraient dans un contexte particulier postérieur et étranger à celui décrit par Luc et Flavius Josèphe.

suite: Les sources romaines de l'évangéliste Matthieu

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1 - Rosh ha-Shanna1,1: "Comment établit-on le compte des années de règne: Si un roi est mort en adar, et un autre a été nommé le même mois, on compte un an à chacun. Toutefois il faut que le second ait au moins commencé le mois de nisan" Rosh ha-Shana 1-1.
2 : cf James L Boyer tableau chronologique entre l'Ancien et le Nouveau Tetament, Grace, Indiana,1999-
3 - Samuel 5:5 , I Chr 3,4 et I rois 2:11; Sanhedrin 107a, Rosh ha-Shanna,I,1.
4 - Cf Esd 6,15; 2 Chr 15,10. En sens contraire 1 Rois 6,37-38 (le temple fut construit en 7 ans 1/2 alors que 7 ans seuls sont retenus dans le comput; toutefois les dates avancées sont babyloniennes et tardives).
5 - AJ XIV,v.389. Son intronisation ayant eu lieu peu après la paix de Brindisi, la fin de l'année 40 et le temps précédant le 1er nisan de l'année 39 équivalaient à la première année de règne, la seconde allant du 1er nisan 39 au 29 adar 38.
6
- "Il se dirigea sur Jérusalem et conduisit son armée jusque sous les murs : il y avait alors trois ans qu'il avait été salué à Rome du nom de roi." GJ, I, 17, § 8.                      
7 - AJ XIV,475
8 - AJ 15/7 "elle avait eu lieu alors"; le verbe est au plus-que-parfait , l'année sabbatique étant achevée.
9 - Seder Olam §30 ; également TB Ta'anit 29a.
10 - Maïmonides, Hilkhot Chemitah Veyovel, X,6 sur Ta'anit 29a ; ce cycle du Seder Olam est celui en vigueur; il a été récapitulé dans la table de B Zuckermann ("Ueber sabbatjahrcyclus und Jobelperiod, Breslau 1857).
11 - Rosh ha-shanna I,1           
12 -TB Arakin 11b (motsaé cheviit) ; principes de Rabbi Huna dans Avodah zara 9b. Maïmonide (1135-1204) Hilkhot Chemitah veyovel, X, 4.
13 - Ben Zion Wacholder, The Calendar of Sabbatical cycles during the Second Temple and the early Rabbinic period, et " "The Calendar of Sabbath Years During the Second Temple Era: A Response," Hebrew Union College Annual vol 43 1973 p 153-96. et vol 54 (1983), 123-133. . Discussion avec D. Blosser "The Sabbath Year Cycle in Josephus," Hebrew Union College Annual 52 (1981), 129-139.
Examen de la thèse de Wacholder, en faveur de celle de Zuckermann représentant le cycle sabbatique courant:
http://www.pickle-publishing.com/papers/sabbatical-years.htm
14 - Philon, De leg, 249
15 - BJ II,200: il voyait que les Juifs ne cédaient à aucun de ces moyens et que la campagne risquait de ne pas être ensemencée, car au moment des semailles le peuple passa auprès de lui cinquante jours dans l'inaction.
16 - Mishnah, Sotah, 7:8. Agrippa régna de 37/38 à 44 et il n'y eut qu'une année sabbatique durant son règne. A la différence d'Agrippa II, il se trouvait en mesure de lire l'Hébreu et avait Jérusalem sous son pouvoir. Cf AJ XIX, 292-295).
17 - GJ 19, §4          
18 - GJ I, 33,8 et AJ XVII,8,1     
19 - Ant. XVII, 6, 1 = Bell., I, 33, 1.      
 
20 - AJ XIV:158, Hérode étant mort septuagénaire (Ant. XVII, 6, 1 = Bell., I, 33, 1)
21 - Dion Cassius Histoire Romaine ch XLIX, § 23
22 - AJ XVII, 165-167
23 - Roman Provincial Coinage, Syrie, Antioche 4242 et 4245
24 - AJ XVII,167-168. En GJ I Livre I, 33 § 2 à 5, le récit diffère et la mise en cause du grand-prêtre n'est pas évoquée, pas plus que le jeûne ou l'éclipse.
)
25 - Selon AJ XII, 412, le 13 aec commémorant une victoire était dit "Jour de Nikanor" ; cf. également II Maccabées, 15, 36, et Megillat Ta'anith, § 30. Selon le Midrash Tanchuma et le traité Sofrim (17:4, 21:1) , un jeûne de trois jours était observé en nisan, en référence à celui d'Esther.
26 - Maïmonide, Loi du culte de Kipour ch I, §3; cf. Talmud, Yoma.
27 - cf Lévitique, ch. 15.
28 - Maïmonide, Loi du culte de Kipour ch I, §3.
29 - AJ XVIII, IV
30 - AJ XIV, IV, 3 et XVI,4.
31 - GJ, II-17/10 et 18/1
32 - Jacob Maltiel Gerstenfeld, New catalogue of Ancient Jewish coins, Tel Aviv 1987, p68-71. Antipas n°95 à 114, années 24, 33,34, 37 et 43 de son règne; Philippe n °115 à 133, années 5, 12,16,19,30,33,34,36,37.
33 - AJ XVIII,106; la lecture du chiffre 22 au lieu de 20 faite par David W. Beyer sur des manuscrits (Latins?) jusqu'en 1544 du British Museum ("Josephus Re-Examined:Unraveling the Twenty-Second Year of Tiberius", dans Chronos, Kairos, Christos II, ed. E. Jerry Vardaman 1998), n'est pas celle qui a été faite sur les manuscrits du Haut Moyen-Age, dont découlent les éditions du texte grec et les trductions. L'éditeur J Vardaman est en outre l'inventeur de "microletters" sur des monnaies grâce auxquelles il date la Nativité de 12aec.
34 - Meshorer, Y., Ancient Jewish Coinage, (New York: Amphora Books, 1982), vol. 2, p.43
35 - Megillat Taanith, § 25,    
36 - Autre exemple: Au 9 Av date "moyenne" entre le 10 Av (suivant Jérémie, 52,12) et le 7 Ab (suivant II Rois, XXV, 8) fut fixée la destruction du premier temple; lui fut associée la destruction du second intervenue le 10 lous= 10 août 70 selon AJ VI, 4§5, soit le 15 av.
37 - GJ, Livre II, 1 § 3.
38 - Selon les Fastes de Préneste dont la notice: "enregistre le départ de Caius qui ne peut être situé qu'en l'année 1aec quelles que soient les incertitudes concernant encore la restitution exacte de ce document épigraphique, une telle datation doit être désormais considérée comme indiscutable". Cf F. Hurlet, Les collègues du prince sous Auguste et Tibère, Ecole Française de Rome,1997, p133
39
- Suétone, Tibère, XI,8, XII,3 et XIII,1; également Dion Cassius LV,X,19
40 - Ant. XVII.ix.5; GJ, II,2,4.
41 - idem , v 18 et Fastes de Preneste "In transmarinas Provincias missus est ab imperatore"
42 - Dion Cassius, LV, X.